Avant-propos
# Bibliothèque numérique européenne (BNUE), et bibliothèques numériques en général.
# Edition et revues scientifiques.
# Culture scientifique.
Prenons l’exemple du site, parfois décrié, symbole de ces nouveaux usages du Web, l’encyclopédie en ligne Wikipedia. C’est le site d’accès au savoir le plus visité au monde : en France, il rassemble environ 8 millions de visiteurs par mois, ce qui le place en dixième position, et bien évidemment premier site d’accès à la connaissance. Ce site a pourtant, dans la sphère publique française, « mauvaise presse », au sens propre du terme : et ce, alors qu’une grande majorité des journalistes, auteurs, et aussi professeurs, étudiants et élèves l’utilisent quotidiennement pour vérifier une date, un fait, voire y contribuent.
Une telle approche fédératrice, de type « bottom-up » dirait-on dans le monde de l’entreprise, s’oppose – au moins partiellement – à l’approche centralisatrice et venant d’en haut, de type « top-down » pour reprendre le même langage, qui imprègne au niveau de nos institutions nationales ou européennes la communication et l’action autour des grands projets numériques. Elle est pourtant plus en phase avec les usages actuels de l’Internet et avec l’histoire de leurs développements : c’est une prise en compte de cette approche qui pourrait fort utilement inspirer l’action de la sphère publique à terme.
Faisons un peu de sémantique.
D’abord ces termes de « bibliothèque numérique familiale », ou « bibliothèque numérique pour la famille » sont la laborieuse traduction par la presse du nom du boîtier, Home Library.
Donc voilà à quoi ressemble une bibliothèque vue par Orange, c’est hard comme du hardware :
Vous l’avez lu dans les
communiqués,
Donc cette bibliothèque numérique contient pratiquement tout, sauf des livres ! Tant mieux, il resteront dans les bibliothèques meubles familiaux… N’est-ce pas
toutefois une dérive inquiétante du mot « bibliothèque » que nous propose ainsi Orange ? une bibliothèque boîtier informatique, une bibliothèque
sans livres ?
La restriction de bibliothèque "familiale" est elle aussi intéressante. Jusqu’à présent, une bibliothèque, c’est un lieu physique, ou un site
Internet, où les livres forment un patrimoine universel, accessible à tous. Ici, c’est une "bibliothèque" d’interêt très local, non universel,
accessible au noyau familial… Non, franchement, il y a(vait) la bibliothèque (celle du quartier, ou le meuble familial), il y a la bibliothèque numérique (celle des sites Internet mettant en
ligne le patrimoine numérisé) : avec la Home Library, c’est une rencontre du troisième type…
Que vous inspire cela ?